Société d'histoire
Souvenirs et mémoires de la Côte-des-Neiges
2025
Le 7 novembre 2025, en collaboration avec la Fédération Histoire Québec (FHQ), notre organisme organisait une promenade guidée sous le thème Histoires de femmes.
Malgré la température maussade et la grève de la STM, plusieurs femmes courageuses et passionnées d'histoire se sont présentées à cette promenade. Le trajet débutait au coin du chemin de la Côte-des-Neiges et de l'avenue Lacombe pour se terminer au pavillon Jean-Brillant de l'Université de Montréal. Sylvain Rousseau, accompagné de Joëlle Thérien, administratrice du comité Mémoire des femmes de la FHQ, avait pour mission de superviser le déroulement de cette promenade pour que les participantes de la FHQ puissent se rendre à temps au colloque de la FHQ intitulé Histoire des femmes et femmes d'histoire.
Notez qu'une promenade préparatoire avait été organisée en octobre avec Léocadie Choquette, historienne et directrice adjointe de la FHQ. Les guides de la promenade, Dominique Nantel-Bergeron et Elisabeth Schlumecky sont membres de SMCDN* (Souvenirs et mémoire de la Côte-des-Neiges).
Dans la première partie de la promenade, Dominique Nantel-Bergeron nous a fait revivre l'histoire de cinq générations de sa lignée matrilinéaire. Elle nous a amené au coin du boulevard Édouard-Montpetit et de l'avenue Gatineau pour nous montrer un diaporama de photos prises par les filles de la famille Demers qui vivaient à cet endroit. Elles avaient mis la main sur un précieux appareil photo et en firent bon usage pour notre bonheur.
Par la suite, au coin des avenues Gatineau et Lacombe, Sylvain nous a parlé de sa tante Thérèse qui a vécu plus de 80 ans dans la Côte-des-Neiges et qui a accompli de très grandes choses. Par manque de temps sur place, il nous a référé à plusieurs publications disponibles sur ce site web qui sont reliées au thème de la promenade et aux lieux parcourus :
Lors d'un arrêt prolongé au Celo (Centre de loisirs de Côte-des-Neiges), nous avons pu nous réchauffer un peu tout en continuant à apprendre plein d'histoires passionnantes racontées par Dominique à propos de la famille Claude. Puis, en nous dirigeant vers le sud du village, nous sommes remontés jusqu'au début du 19e siècle pour découvrir l'histoire des familles Lauzon et Lecompte. C'est Josephte Montpetit, qui fut la première de sa lignée à venir vivre dans la Côte-des-Neiges.
Lors du trajet, Dominique nous a fait entendre le bruit du ruisseau canalisé, qui est à l'origine de l'histoire du village. Sylvain a présenté et expliqué brièvement l'histoire du parc Troie, du parc du 6 décembre 1989 et de la maison Simon-Lacombe.
Le groupe de marcheurs, devenus marathoniens, s'est ensuite dirigé vers le centre du cimetière Notre-Dame-des Neiges en passant par la porte principale. Elisabeth Schlumecky a alors pris le contrôle de la promenade en tentant de nous transmettre son savoir, tout en marchant rapidement et parfois à reculons pour optimiser le temps résiduel qui lui était alloué pour compléter le parcours. Elisabeth, tout comme Dominique, sait capter l'attention et susciter l'émerveillement face aux oeuvres et aux histoires qui se cachent dans ce musée à ciel ouvert. Elisabeth nous a présenté des oeuvres représentant des femmes ainsi que quelques rares oeuvres créées par des femmes, dont celles d'Alice Nolin.
Après avoir trouvé, avec Elisabeth, une issue pour se rendre du côté de l'Université de Montréal, Sylvain a regroupé les participantes une dernière fois devant la faculté de droit de l'Université de Montréal. Il a alors mentionné que cet emplacement était précisément celui de la Villa Mont-Royal et de l'ancienne ferme de la famille Swail. Le domaine se trouvait au bout d'une longue allée principale bordée d'ormes, dont l'entrée était située au coin des avenues Decelles et Swail. À cet endroit, on retrouvait les sculptures de deux grands lions taillés dans la pierre par Emile Brunet (voir illustration plus bas).
Dominique et Elisabeth, qui ont travaillé des dizaines d'heures pour préparer cette promenade, devraient bientôt publier d'autres articles intéressants sous le thème Histoires de femmes pour continuer à nous exposer le fruit de leurs précieuses recherches.
* : La Société d'histoire SMCDN est devenue membre corporatif de la FHQ. Cette fédération offre plusieurs avantages aux membres de SMCDN. Pour plus d'information sur l'histoire de la Côte-des-Neiges, notez que Sylvain Rousseau a déposé ses deux livres dans la boutique du site web de la FHQ.
Le 22 novembre 2025, Sylvain Rousseau animait une conférence sur l’histoire de la paroisse Notre-Dame-des-Neiges, au sous-sol de l’église Notre-Dame-des-Neiges, dans le cadre du 125e anniversaire de la paroisse. Nous avons été chaleureusement accueillis par les organisateurs de l’événement, Jacques Brouillard et le curé Daniel Taba. Ce fut aussi l'occasion de faire de belles rencontres avec des paroissiens, des descendants des grandes familles de la Côte-des-Neiges et des passionnés d'histoire, dont quelques membres de la Société d'histoire.
En se basant sur le résultat de ses recherches publiées dans ses deux premiers livres, Sylvain a présenté une synthèse chronologique de l'histoire de la Côte-des-Neiges en soulignant l'apport de ses artisans et, en particulier, de ses religieux.
Dans la dernière partie de sa conférence, Sylvain a expliqué les origines du nom de la paroisse en relatant le miracle de Notre-Dame-des-Neiges, survenu à Rome au sommet du Mont Esquilin en 358. De plus, il a expliqué comment Marguerite Bourgeois, avec l'aide des Sulpiciens, a pu participer à la fondation de la première chapelle Notre-Dame-des-Neiges, en Amérique du Nord vers 1681.
À la suite de la conférence, qui se tenait au sous-sol de l'église, les participants ont pu assister à une visite guidée de l'église, à l'étage supérieur. Sylvain a, bien sûr, expliqué l'oeuvre principale de Chabauty, située dans le choeur de l'église (photo).
Le premier curé, Léandre Perrault, avait choisi de localiser son presbytère dans le château Lacombe (photo) près du chemin de la Côte-Sainte-Catherine. Il trouvait que cet endroit était plus central par rapport aux deux municipalités de sa nouvelle paroisse. Il prévoyait y construire une nouvelle église pour remplacer sa petite chapelle, construite en 1814.
Or, en 1910, la paroisse se scinda en deux avec la fondation de la paroisse Saint-Pascal-Baylon, située du côté nord du chemin de la Côte-Sainte-Catherine. Vu que l'église Saint-Pascal-Baylon aura son propre presbytère, un nouveau presbytère sera construit en 1925, juste à côté de la petite chapelle Notre-Dame-des-Neiges. Finalement, en 1939, la modeste chapelle sera remplacée par l'église Notre-Dame-des-Neiges actuelle.
Or, depuis 2007, la paroisse Notre-Dame-des-Neiges regroupe l'ancienne paroisse Saint-Pascal-Baylon. Comme en 1901, les paroissiens situés au nord du chemin de la Côte-Sainte-Catherine font donc de nouveau partie de la paroisse Notre-Dame-des-Neiges. Si le premier curé avait pu réaliser sa vision, nous aurions peut-être aujourd'hui qu'une seule église au coin des chemins de la Côte-des-Neiges et de la Côte-Sainte-Catherine pour desservir la paroisse Notre-Dame-des-Neiges.
Cette oeuvre majestueuse, qui ressort du décor plutôt sobre de l'église, exprime, en une seule image fort éloquente, le miracle de Notre-Dame-des-Neiges. On y voit la Vierge Marie avec son fils au sommet d'une montagne enneigée, en plein été. On aperçoit, à gauche, des religieux qui analysent la scène du miracle. En bas, à droite, le couple de Romains, qui attendait un signe divin pour connaître le lieu de la nouvelle église à bâtir, se prosterne devant le fils de Marie, qui pourrait bien représenter leur fils tant désiré.
De plus, Sylvain a présenté d'autres éléments fort intéressants faisant partie du décor de l'église (photos), dont un superbe vitrail de Saint-François-d'Assise, situé du côté sud, à l'entrée de l'église. En plus des superbes stations du Chemin de croix, sculptées dans le bois, il a fait remarquer les rubans décoratifs recouvrant le plafond. Il pourrait s'agir de chaînes d'amour avec des coeurs aux extrémités. Certains maillons de ces chaînes contiennent des flèches pointant vers le ciel et d'autres pointant vers la terre. Avec les participants, il a émis une hypothèse sur l'interprétation de ces flèches : elles pourraient symboliser les échanges célestes des paroissiens par la prière.
Au moment de cette visite, les participants ont pu assister à l'exposition de Saint Carlos Acutis qui avait alors lieu. On voit, à gauche, une affiche de ce jeune Saint ainsi que sa relique, à droite avec , au centre, Jacques Brouillard et Mario Beauchamp de la paroisse ainsi qu'un autre participant de la conférence (photo).
Le contenu religieux de cette conférence a été fortement inspiré par les divers albums souvenirs publiés lors des divers anniversaires de la paroisse (images). Voir aussi les explications complémentaires de la conférence paroissiale du 8 novembre 2023 et de la participation de SMCDN aux Journées du patrimoine religieux .
Le 25 mai dernier, le Celo organisait une autre belle activité rassembleuse avec la collaboration de notre Société d'histoire.
Jonathan, Élisabeth et Sylvain ont fait découvrir aux dizaines de participants l'histoire de 21 lieux emblématiques de la Côte-des-Neiges selon les trois trajets décrits sur cette carte interactive. La plupart des jalons de cette promenade guidée contiennent des hyperliens vous dirigeant vers des articles de ce site qui décrivent l'histoire de ces emplacements.
Voici des photos prises avec chacun des trois groupes participants à ce rallye.
Voici deux photos prises à la fin de l'événement.
Voici une photo prise devant l'Oratoire lors de cet événement.
par Sylvain Rousseau
Le 24 mai dernier, entouré de ma famille et de mes amis, j’ai effectué le lancement de mon roman historique illustré, intitulé Récits de la Côte-des-Neiges – Trois femmes, trois époques. J’ai alors expliqué que ce livre, mon premier roman, complétait bien mes deux autres livres.
En effet, mon premier livre, intitulé Histoire de la Côte-des-Neiges – 325 années de métamorphose, a été publié dans le cadre du 325e anniversaire de la fondation de Côte-des-Neiges. Cet essai est une synthèse chronologique de l’histoire de la Côte-des-Neiges à laquelle j’ai ajouté quelques anecdotes personnelles. De plus, il décrit bien le patrimoine bâti du quartier.
D’autre part, mon second livre, intitulé Histoire de la Côte-des-Neiges – Les premiers artisans, a été publié dans le cadre d’une exposition de photos sur les familles pionnières de la Côte-des-Neiges. Il décrit les personnages qui, en exerçant leur métier, ont forgé l’histoire de la Côte-des-Neiges. Cet essai contient un index de plus de 600 noms des personnes et des familles qui ont participé au développement de la Côte-des-Neiges. On y retrouve aussi un recueil des textes les plus marquants de notre bulletin mensuel.
Mon roman, récemment publié, a été écrit en me basant sur le contexte historique décrit dans mon premier livre, ainsi que sur les personnages de mon second livre. J’ai pu ainsi développer un scénario et des dialogues mettant en scène des personnages marquants de la Côte-des-Neiges, dans un contexte historique bien établi. J’ai même reconstitué le décor de cette mise en scène par des illustrations en couleur.
Mes sources d’inspiration
Plusieurs personnes de mon entourage, dont plusieurs ont d’ailleurs assisté au lancement de mon livre, ont été pour moi des sources d’inspiration. J’ai aussi puisé dans mes aventures de jeunesse et mon imagination. L’album du cinquantenaire de la paroisse Notre-Dame-des-Neiges demeure, pour mes trois livres, la principale source documentaire. Cet album précieux contient notamment plusieurs anecdotes, basées sur des faits vécus, qui semblent invraisemblables. Je me plais à découvrir que mes lecteurs remettent en doute ces faits vécus alors qu’ils croient véridiques les éléments fictifs qui sont le fruit de mon imagination.
Par la lecture d’un court extrait de mon livre, sélectionné au début de la première partie, j’ai voulu exprimer que le style choisi, qui est très descriptif, a été influencé par celui de certains conteurs que j’apprécie particulièrement. L’utilisation du temps présent et de dialogues, appuyés par un langage local et des expressions de nos ancêtres, a pour but de provoquer un voyage immersif dans le passé.
Je suis naturellement attiré par les auteurs qui racontent l’histoire de leur village et de leurs habitants, Fred Pellerin avec ses contes comme Dans mon village, il y a belle lurette… et Claude-Henri Grignon avec son roman Un homme et son péché.
L’extrait, que j’ai choisi de lire dans la seconde partie de mon livre, mettait en valeur le côté western qui caractérisait le village de Côte-des-Neiges, à la fin du 19e siècle. Ceux qui me connaissent savent que je suis un amateur de bandes dessinées, ce qui m’a probablement porté à créer mes propres illustrations pour rendre mes récits plus intéressants à lire. Il est clair que la série Lucky Luke de Morris et Goscinny, que j’ai parcourue au cours de ma jeunesse, m’a influencé dans la théâtralité de mes mises en scène.
Gilles Desjardins, auteur et scénariste passionné d’histoire, est, sans aucun doute, la personne qui m’a le plus inspiré dans l’écriture de mon roman historique. J’ai récemment appris qu’il a lui-même été inspiré par Claude-Henri Grignon, lorsqu’il a écrit la série Musée Éden pour Radio-Canada. Étant citadin, il a naturellement choisi de représenter la vie des Montréalais vers 1910, dans une intrigue policière se déroulant autour d’un musée de la frayeur reproduisant, de façon réaliste, des scènes de crime.
Plus tard, il acceptera d’écrire, toujours pour Radio-Canada, une nouvelle mouture de la série originale Les Belles histoires des Pays-d’en-Haut, de Claude-Henri Grignon, après avoir réalisé que, pour plus de réalisme, il devait faire ressortir le côté western de ce petit village de colons. Cet auteur osait alors mettre de l’avant un aspect caché de notre histoire qui, pourtant, a été exploité avec succès du côté d’Hollywood pour dépeindre l’histoire glorieuse de la conquête de l’Ouest par les Américains.
Avec la série Les Pays-d’en-Haut de Gilles Desjardins, j’ai pu constater que le village de Côte-des-Neiges, bien qu’il ait été colonisé 175 ans avant celui de Sainte-Adèle, avait sensiblement la même allure à la fin du 19e siècle. On peut même envisager qu’il y avait encore plus d’action dans le village de Côte-des-Neiges à cette époque, à cause de la proximité de Montréal, qui regorgeait de marins et de fêtards qui aimaient traverser la montagne pour venir visiter les tavernes locales.
En plus de son souci du détail, j’ai remarqué que Gilles Desjardins aime ajouter de l’action pour capter l’attention de ses téléspectateurs. De plus, il se plaît lui aussi à mettre de l’avant des faits historiques qui peuvent sembler invraisemblables. C’est avec mon iPad en main que j’ai écouté la série Musée Éden. Je pouvais ainsi vérifier, au fur et à mesure, certains aspects qui me paraissaient invraisemblables. De cette façon, j’ai appris qu’à cette époque, des tournois illégaux de chiens ratiers avaient lieu à Montréal et que les infirmières déposaient des sangsues sur la poitrine de leurs patients pour guérir les pneumonies par saignée.
Bref, je retrouve dans l’oeuvre de Gilles Desjardins plusieurs aspects que j’ai cherché à transmettre, à ma façon, dans mon roman historique. Ainsi, j’espère avoir réussi à mettre en place tout ce qu’il fallait pour capter l’attention de mes lecteurs, afin de leur permettre de mieux comprendre leur histoire, tout en les divertissant.
Pour lire un extrait du livre Récits de la Côte-des-Neiges - Trois femmes, trois époques,
cliquez sur cet hyperlien
Sources et références :
Ici Tou.TV. Musée Éden. Série dramatique. https://ici.tou.tv/musee-eden/s01
Malavoy, T. L’auteur derrière les Pays-d’en-Haut. L’Actualité, Culture, 11 janvier 2016. https://lactualite.com/temps-libre/culture/il-reinvente-les-pays-den-haut/
Notre-Dame-des-Neiges célèbre son cinquantenaire - 1901-1951. Album-souvenir. University of Calgary.
Photos du lancement, Pierrette Trudel.
Le 27 juin dernier, la CDC organisait une belle activité rassembleuse avec la collaboration de notre Société d'histoire.
Jonathan, Pierre et Sylvain ont accompagné une trentaine de résidents de la Côte-des-Neiges au cours d'un voyage dans notre passé. Ils ont fait découvrir l'histoire et le patrimoine culturel en parcourant les limites territoriales de ce fief, fondé en 1698.
Voir l'itinéraire parcouru : https://umap.openstreetmap.fr/en/map/tour-autobus-dinteret-historique-par-couche_1417488
Voici la description de cette activité retrouvée dans l'infolettre de la CDC.
Quelques photos prises dans l'autobus :
Quelques images d'éléments disparus partagées dans l'autobus :
Le secteur de l'avenue Barclay et du chemin de la Côte-des-Neiges :