Histoire des institutions de la Côte-des-Neiges
Société d'histoire
Souvenirs et mémoires de la Côte-des-Neiges
2025
Par Sylvain Rousseau - mai 2026
De 1935 à 1989, le Musée historique canadien, communément appelé le Musée de cire, était situé au coin des chemins Queen-Mary et Côte-des-Neiges, là où se trouve actuellement la pharmacie Pharmaprix. Ce sont deux Français, l'artiste-peinte Robert Tancrède et le sculpteur Albert Chartier, qui ont eu l’idée de fonder ce musée. Dans un bâtiment de style Art déco (image), conçu par l’architecte Paul Lemieux, ils ont regroupé des personnages provenant des ateliers du musée Grévin de Paris et du musée Eden, qui était situé dans le bâtiment du Monument-National, à Montréal.
Pendant des années, le musée, stratégiquement situé en face de l’Oratoire, a attiré près de 250 000 visiteurs par année. En plus des nombreux touristes, plusieurs écoliers, comme moi, ont été marqués par la visite de ce musée, dans le cadre de visites parascolaires.
À l’étage du musée, on retrouvait plusieurs scènes de l’histoire du Canada dont les personnages de cire avaient été récupérés du musée Eden. Ce musée, ouvert en 1894, était situé sur le boulevard Saint-Laurent. Notez qu'une section de ce musée était entièrement dédiée à la reconstitution de scènes de crime suscoitant la frayeur et l'horreur auprèes des visiteurs. On peut croire que le Musée de cire s'est inspiré de l'approche du Musée Eden pour représenter quelques scènes historiques provoquant la frayeur.
Une des scènes historiques du Musée de cire représentait l’arrivée de Jacques Cartier à Gaspé sous le regard méfiant des Autochtones, tel que représenté sur cette carte postale (image).
On pouvait aussi y voir Kateri Tekakwitha, la première sainte autochtone d’Amérique du Nord (image de gauche). Une statue lui a été dédiée ; on la retrouve à la basilique Saint-Anee-de-Baupré, prèes de Québec (image de droite).
Une autre scène effrayante représentait Jeanne Mance et Marguerite Bourgeois en train de soigner une personne ayant été scalpée (image).
Par ailleurs, j’ai retracé une série de neuf épisodes intitulée Musée Eden, à Radio-Canada. Son auteur, Gilles Desjardins, qui est un passionné d’histoire, nous fait vivre une intrigue policière palpitante en nous plongeant dans la vie montréalaise entourant ce musée, vers 1910. Sur la prochaine photo, tirée de la série, on peut voir la propriétaire (interprétée par Mariloup Wolfe) avec le chef des incendies de Montréal.
Pour vous donner une idée, voici une image d’une des scènes de crime reconstituées avec, à gauche, la propriétaire, qui s’est incluse dans le décor, à côté de ses statues de cire.
Au rez-de-chaussée, on retrouvait des scènes des catacombes et du cirque romain, en provenance des ateliers Grévin de Paris. À l’époque de l’Empire romain, les chrétiens de Rome devaient se cacher dans les catacombes pour pratiquer leur religion. On pouvait donc y voir, entre autres, des scènes de baptême et de mariage (images).
Cependant, la scène la plus effrayante, qui a profondément marqué ma mémoire, est celle du cirque romain où des chrétiens attendent de se faire dévorer par les lions dans le Colisée (image).
En 1989, après plus de cinquante ans, les fondateurs, devenus trop âgés, n’avaient plus l’énergie de renouveler leur collection pour tenter de faire croître le nombre de visiteurs. Ils ont dû se contraindre à vendre leur entreprise et à confier les 200 personnages de leur précieuse collection au Musée de la civilisation du Québec.
Au début des années 1990, le restaurant végétarien Le Commensal s'est installé dans ce bâtiment. Puis au début des années 2000, ce fut au tour de la parmacie Pharmarpix de s'y installer. Heureusement, la façade du musée a été conservée.
Sources et références :
Archives de Radio-Canada. Les belles années du musée de cire de Montréal, 9 mai 2019. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1168664/musee-cire-histoire-montreal-sculptures-art-archives
BAnQ. Dans les catacombes du musée de cire.. La Presse, 14 mai 1989, section B. Sciences et techniques, p.87 https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2262089?docsearchtext=Mus%C3%A9e%20historique%20canadien%20les%20catacombes
BAnQ. Musée historique canadien, entrée principale (image). https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2464402?docsearchtext=le+mus%C3%A9e+historique+canadien
BAnQ. Musée historique canadien, Jacques Cartier à Gaspé (image). https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2464450?docsearchtext=le+mus%C3%A9e+historique+canadien
BAnQ. Musée historique canadien, Jeanne Mance et Marguerite Bourgeoys traitant un scalpé (image). https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2028490?docsearchtext=le+mus%C3%A9e+historique+canadien
BAnQ. Musée historique canadien, Kateri Tekakwitha, la petite sainte iroquoise (image). https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2432909?docsearchtext=Mus%C3%A9e+historique+canadien
BAnQ. Musée historique canadien, les Chrétiens aux bêtes (image). https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2026814?docsearchtext=le+mus%C3%A9e+historique+canadien
BAnQ. Musée historique canadien, un baptème (Catacombes de Rome) (image), https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2026812?docsearchtext=Mus%C3%A9e+historique+canadien
BAnQ. Musée historique canadien, un mariage (Catacombes de Rome) (image). https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2026811?docsearchtext=Mus%C3%A9e+historique+canadien
Ici Tou.TV. Musée Eden. Série dramatique. Deux images tirées de la série. https://ici.tou.tv/musee-eden/s01
Morissette N. Musée Éden, une série d’époque tournée à Montréal. La Presse, 14 décembre 2009. https://www.lapresse.ca/arts/television/200912/13/01-930718-musee-eden-une-serie-depoque-tournee-a-montreal.php
Wikipédia. Kateri Tekakwitha (photo de la statue). https://fr.wikipedia.org/wiki/Kateri_Tekakwitha
Wikipédia. Musée historique canadien. https://fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e_historique_canadien
Par Sylvain Rousseau - mai 2026
En 1950, le pape recommanda au père Alfred Laplante, C.S.C., de promouvoir la dévotion à la nouvelle sainte Maria Goretti. Pour ce faire, le père de Sainte-Croix fit la promotion du film La fille des marais, dont il obtint les droits exclusifs en français. Ce film, qu’il présenta d’abord à l’Université de Montréal, en 1951, avant de parcourir le Québec, raconte l’histoire du martyre de Maria Goretti, qui venait tout juste d’être canonisée. Sur cette image, tirée du film, on voit la jeune femme sur son lit de mort.
Au début des années 1950, la Congrégation de Sainte-Croix fit l’acquisition de la maison Plouffe (photo), située au 3351, chemin de la Côte-Sainte-Catherine, et du terrain adjacent situé du côté de l’avenue Decelles pour y construire un lieu d’hébergement pour femmes seules.
En 1952, le révérend père Alfred Laplante (premier à gauche de la statue sur la photo) devint le directeur du Centre Maria-Goretti, dont l’adresse principale a brièvement été celle de l’ancienne maison de Joseph Plouffe, pendant la construction du nouveau bâtiment sur le terrain adjacent en 1952-1953.
En juillet 1954, on voit le père Laplante (premier à gauche de la statue sur la photo) lors de l'installation de la statue de marbre de Maria Goretti, au-dessus de la marquise à l'entrée du nouveau centre situé au coin de l'avenue Decelles. La statue de 12 pieds de hauteur était venue de Rome.
Au départ, le Centre servait à accueillir et héberger les femmes sans argent à la recherche d’un emploi, ainsi que les femmes, provenant de l’extérieur de la ville et ayant trouvé un travail à Montréal. De plus, il accueillait les femmes qui désiraient suivre des cours et participer à des activités organisées pour elles.
L’architecture du bâtiment a été prévue pour s’adapter à tous ces besoins particuliers. Par exemple, pour plus de flexibilité, une grande salle de spectables comprenait une scène et un sanctuaire muni d'un autel (photo). On pouvait donc y présenter des spectacles et assister aux offices religieux.
À travers les années, ce lieu d’hébergement pour femmes seules, renommé Résidence Maria-Goretti, a conservé sa vocation. Il est aujourd’hui géré par l’organisme PROMIS, fondé en 1988, qui facilite l’accueil et l’intégration des étudiantes étrangères, des immigrantes et des réfugiées.
Puis, toujours située juste à côté, la petite maison Plouffe, devenue centenaire, héberge le CPE Les amis de PROMIS.
Sources et références :
BAnQ. Architecture-bâtiment-construction, Le Centre Maria-Goretti à Montréal, 1er août 1955, p.22-25. (photos du Centre Maria-Goretti. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2673692?docsearchtext=Le%20centre%20Maria%20Goretti
BAnQ. Arrivée de M. Angelo Goretti, en gare Windsor …La Patrie, 14 février 1951, p.1. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4331003?docsearchtext=Alfred%20Laplante%20csc%20la%20fille%20du%20marais
BAnQ Centre Maria Goretti, Fonds La Presse 1954-1955 (photo de la chapelle). https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4631751?docsearchtext=Le+centre+Maria+Goretti&docref=Fh3yXTta8epaFaMalYPTGQ
BAnQ. Fête de sainte Maria Goretti. Neuvaine préparatoire. Le Devoir, 30 juin 1954, p.5. https://diffusion2.banq.qc.ca/pdfjs-3.10.111-dist_banq/web/pdf.php/KmYyMoYL6Rge8tKvbCCIEw.pdf#page=5
BAnQ. Maria Goretti. Foyer accueillant pour jeunes fille. Le Droit, 19 septembre 1959, cahier 2, p.6. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4199159?docsearchtext=Le%20centre%20Maria%20Goretti
BAnQ. Montréal, Île de Montréal. Centre Maria Goretti. Fonds Ministère de la Culture et des Communications, Publications et archives goiuvernementales, 1953. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3065769?docsearchtext=Le+centre+Maria+Goretti&docref=BJCcJYjbyICxNOd-4iyTBQ
Rousseau, S. Histoire de la Côte-des-Neiges – 325 années de métamorphose. Le CPE Les amis de Promis, p.122.
YouTube. La Fille des marais (Sainte Maria Goretti). Film 1949. https://www.youtube.com/watch?v=kMh-9xnY8ww
Par Sylvain Rousseau - mai 2026
L’année dernière, j’ai eu, pour la première fois, la chance de visiter la petite église presbytérienne de Côte-des-Neiges (photo) dans le cadre d’une visite des lieux de culte organisée par le Celo.
Le révérend Joel Coppieters nous a chaleureusement accueillis dans son église afin de nous la faire découvrir. Il a d’abord raconté un peu l’histoire de cette église, située sur le chemin de la Côte-Sainte-Catherine, près de l’extrémité nord de l’avenue Gatineau.
Ce sont des anglophones de Côte-des-Neiges et de Saint-Laurent qui, en 1863, ont bâti cette église qui regroupait alors anglicans et presbytériens. À la suite d’un incendie en 1888, l’église a été rebâtie par les presbytériens au même endroit. Elle permet aujourd’hui de rassembler une communauté dynamique très diversifiée qui célèbre, dans ses divers langages, une foi commune.
Le révérend nous a d’abord accueillis à l’intérieur de son église (photo). J’ai été impressionné par son aspect épuré et le dépouillement du décor intérieur, principalement composé de meubles en bois datant de 1888.
Notre hôte, fier de nous faire découvrir son lieu de culte, tenait à nous montrer la fondation du bâtiment, construite directement sur la roche de la montagne (flèche jaune). Nous avons pu voir les poutres datant de 1864, noircies lors de l’incendie (flèche bleue). La fondation du bâtiment a pu être conservée à la suite de l’incendie.
Nous pouvons encore voir sur le côté, la trappe (flèche blanche) qui servait à passer le charbon vers le sous-sol (photo). La fondation, qui se trouve sous la pierre plus lisse (juste au-dessus de la trappe à charbon), daterait de 1864.
Parmi tous les lieux de culte visités, c'est cette petite église que j'avais le plus hâte de visiter, car elle est ancrée depuis longtemps dans l'histoire de la Côte-des-Neiges. Il est rassurant de voir que ce bâtiment patrimonial est entre bonnes mains.
De plus, il est intéressant de constater que la communauté locale très diversifiée continue à faire vivre les églises de la Côte-des-Neiges ce qui est un excellent signe pour assurer la préservation de notre précieux patrimoine religieux.
Sources et références :
Côte-des-Neiges Presbyterian Church. Brief history of the Cote des Neiges community and construction of the church building. https://montrealpresbyterian.com/about/
Église Côte-des-Neiges Presbyterian. Inventaire des lieux de culte du Québec. https://www.lieuxdeculte.qc.ca/fiche.php?LIEU_CULTE_ID=6704
Photos Sylvain Rousseau
Par Sylvain Rousseau - mai 2026
Trop à l’étroit dans le Collège Sainte-Marie1, les Jésuites inaugurent leur nouveau collège en 1929. Le Collège Jean-de-Brébeuf a été construit sur le chemin de la Côte-Sainte-Catherine en face du Montreal Hunt Club.
Note :
1 - Le bâtiment du Collège Sainte-Marie, qui avait été bâti en 1850, sera démoli vers 1975, laissant en place la chapelle adjacente du Gesù, un des plus anciens bâtiments religieux de Montréal. Son nom provient de l’église romaine où repose le corps de Saint-Ignace-de-Loyola, le fondateur des Jésuites.
Le Collège Sainte-Marie était enclavé au centre-ville, au nord du boulevard Dorchester (René-Lévesque) entre les rues De Bleury et Saint-Alexandre. En 1889, les Jésuites avaient ajouté, au Collège Sainte-Marie, une aile anglophone pour y accueillir notamment les descendants des immigrants irlandais. C’est ainsi que le Collège Loyola fut fondé au centre-ville de Montréal. En 1900, les Jésuites achetèrent la ferme de Gabriel Décary, à Notre-Dame-de-Grâce, sur laquelle on retrouvait un champ de melons et un verger de pommiers. Manquant d’espace au centre-ville, ils y déménagèrent le Collège Loyola en 1916.
Du côté francophone, c’est en 1909 qu’ils achetèrent la ferme Leslie de la Côte-des-Neiges pour y bâtir plus tard le Collège Jean-de-Brébeuf (photo). Cette photo a probablement été prise à la suite de l’inauguration du Collège Jean-de-Brébeuf en 1929. Le Montreal Hunt Club est localisé en face du collège (point jaune en bas). Le point bleu indique l’emplacement de l’abri des joueurs de crosse du collège alors que le point rouge indique l’emplacement de ma maison familiale de la rue Lacombe.
Vers 1937, des joueurs de crosse du collège rencontrent l’équipe de Westmount (photo). Nous pouvons observer que la tour du pavillon principal de l’Université de Montréal était en construction (point vert au-dessus de l’abri des joueurs).
Au cours des années 1970, alors que j'étais enfant, je me rappelle d'avoir assité à la présentation de plusieurs films pour enfants à la Salle Brébeuf et à l'Auditorium du pavillon Lalemant (photo). Dutant cette période, j'ai retrouvé plusieurs publicités dans les journaux qui invitaient le public a assisté à des présentations de film dans ces salles, au cours de la fin de semaine.
Juste avant les Jeux olympiques de 1976, je terminais mon cours primaire à l’école Notre-Dame-des-Neiges. Puis, c’est au Collège Jean-de-Brébeuf que j’entrepris mon cours secondaire et mon cégep (1976 à 1983).
Si la majorité de mes camarades de classe du Collège Jean-de-Brébeuf provenaient d’Outremont et de Ville Mont-Royal, le collège hébergeait aussi des pensionnaires qui provenaient de tous les endroits du Québec. Je me rappelle que l’un d’eux appréciait particulièrement la Côte-des-Neiges qu’il aimait arpenter. La Côte-des-Neiges devint son quartier d’adoption. Je suis certain qu’il en garde un excellent souvenir, tout comme plusieurs autres étudiants du quartier.
J’ai souvenir encore des nombreuses heures passées à la salle d’étude, située dans l’ancienne chapelle, avec des surveillants qui nous rappelaient à l’ordre en criant sèchement « Tourne-toi! » dès que nous sollicitions l’aide d’un camarade. À l’époque, cette salle d’étude me semblait immense et terne.
Lorsque j’ai vu la photo, à la suite des rénovations de 2004 qui ont fait ressortir son cachet original, j’ai été impressionné par la hauteur et le style de cette chapelle, qui a été partiellement convertie en bibliothèque. Huit murales modernes de René Derouin ont été ajoutées entre les colonnes pour commémorer l’histoire des trois premiers siècles des Jésuites en Nouvelle-France. À l’époque de mes études, le plafond était plus bas.
Un de mes plus mémorables moments de ma 1re secondaire fut certainement le spectacle de fin d’année que le père Côté, mon professeur titulaire, appelait « séance de classe ». Une petite brochure en couleur fut même rédigée pour présenter le programme de la soirée. Pour cet événement, nous avions droit à la Salle Brébeuf et à ses effets spéciaux. Mon rôle principal consistait à personnifier Jupiter régnant au sommet de Rome. Pendant quelques secondes, assis sur un trône et muni d’une toge blanche, je montrais les dents avec le torse bombé, brandissant un éclair à travers les coups de tonnerre et les effets stroboscopiques. Sous ma chaise, un traîneau à roulettes, camouflé et tiré par un étudiant caché en coulisses, me permettait de passer rapidement d’un côté à l’autre de la scène, accompagné d’un bruit tonitruant.
Si tout fonctionna bien lors de nos répétitions, ce fut fort différent lors de la représentation officielle. Mon camarade de classe, chargé de tirer mon trône à partir des coulisses, s’arrêta de tirer lorsque je fus rendu à mi-chemin de la scène. Après être resté immobilisé au beau milieu de la scène pendant de trop longues secondes, le Jupiter que j’étais cessa de brandir son éclair et de montrer les dents. Démuni, je regardai furtivement de chaque côté de la scène avec les yeux en points d’interrogation. Pris au piège, je me levai humblement de mon trône en tenant ma toge pour ne pas la perdre et je courus, plié en deux avec, sous le bras, l’éclair en carton que je brandissais au sommet de Rome quelques secondes auparavant. En panique, je réussis finalement à aller me réfugier sans aucune grâce dans la partie des coulisses qui m’était destinée. Il est inutile de vous préciser que cette manoeuvre maladroite se fit au milieu des rires des nombreux spectateurs. Je ne sais pas encore si cette défectuosité technique fut un geste volontaire, mais ce fut certainement un moment mémorable pour tous.
Sources et références :
BANQ. Collège Jean-de-Brébeuf. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3475688?docsearchtext=Coll%C3%A8ge+jean-de-Br%C3%A9beuf
BAnQ. Vue extérieure du pavillon Lalemant. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3232400?docsearchtext=Coll%C3%A8ge+jean-de-Br%C3%A9beuf
Rousseau, S. Histoire de la Côte-des-Neiges – 325 années de métamorphose. p. 82-85
Site web du groupe Module. Collège Jean-de-Brébeuf. Chapelle. https://www.module.ca/projet-unique/college-jean-de-brebeuf-chapelle