Cette page expose virtuellement le contenu d'une exposition de 15 tableaux organisée par la Société d'histoire Souvenirs et mémoires de la Côte-des-Neiges du 3 mai au 16 juin 2025 à la Maison de la culture Côte-des-Neiges. On pouvait aussi y voir une vue panoramique du quartier en 1915.
Par ailleurs, un livre, sous le même thème, a été écrit pour immortaliser cet événement, en soulignant les noms de près de 600 personnes et familles, qui ont été parmi les premiers artisans de la Côte-des-Neiges... et, avec nos membres, nous continuons nos recherches pour en découvrir davantage.
Cette exposition de photos, organisée par la Société d’histoire Souvenirs et mémoires de la Côte-des-Neiges, vise à réaliser la mission de cet organisme en rassemblant les familles et citoyens du quartier pour découvrir et partager leurs souvenirs et leurs anecdotes.
Sous le thème des premiers artisans, elle regroupe des photos de personnes importantes qui ont contribué à forger l’histoire de la Côte-des-Neiges. Les descendants des familles pionnières du village ancestral y partagent leurs photos familiales, dont plusieurs datent du 19e siècle. Les premiers artisans de la Côte-des-Neiges font partie des familles de tanneurs et de cultivateurs, dont certains habiteront la maison emblématique Simon-Lacombe (photo). Au fil du temps, leur savoir-faire a permis à leurs familles de s’adapter à leur environnement. Leurs descendant.e.s deviendront commerçant.e.s, jardiniers, couturières et ouvriers. Ils développeront une communauté tissée serrée.
Parmi ces artisans, vous retrouverez aussi des artistes et, dans le sens figuré du mot artisan, ce sont aussi les gens impliqués qui, à diverses époques, ont su développer et sauvegarder la culture et le patrimoine local. Ceux-ci constituent une véritable source d’inspiration pour tous ceux qui, aujourd’hui, s’intéressent à l’histoire de la Côte-des-Neiges et qui en deviennent les nouveaux artisans.
Philomène, fille de Marguerite Lauzon et d’Hubert Hébert, dit Lecompte, fait partie d’une lignée de cinq générations successives mère-fille ayant habité à Côte-des-Neiges. Les Lauzon et les Lecompte habitaient des terrains voisins sur le flanc de la petite montagne. Philomène et sa mère avaient en commun d’être filles et épouses de tanneur. En 1866, Philomène ira vivre au cœur du village avec son époux, Pierre Claude, qui deviendra maire du village de 1867 à 1892. Philomène maintiendra le patrimoine familial durant une décennie après la mort de son mari. Ses petits-enfants vivront à la Côte-des-Neiges, dont Yvette Demers, la plus jeune, qui épousera François Dalceggio, fils d’un entrepreneur en monuments funéraires
Photos tirées du Fonds privé Nantel-Bergeron.
Pour plus de détails, lire l'article La maison Claude.
Nous remercions Dominique Nantel-Bergeron pour sa collaboration à la préparation de ce tableau.
Le commerçant Joseph Alphonse Gougeon, natif de la Côte-des-Neiges et fils de tanneur, tenait un des premiers magasins généraux du village sur le chemin de la Côte-des-Neiges, près de la rue Claude (aujourd’hui Jean-Brillant). Sur la photo du bas, on voit, à droite, son fils du même nom, vers 1907, qui a repris la quincaillerie et l’épicerie de son père. Plus haut, on voit sa fille Alice (avec le foulard), devant ses cousines Exévérine et Aimée Doucet, assise dans les escaliers de la belle maison familiale qui était située au bout du chemin de la Côte-des-Neiges, près de l’oratoire Saint-Joseph.
Photos tirées des archives de la famille d’Antonin Rousseau et de la Société d’histoire de la Côte-des-Neiges
Pour plus de détails, lire l'article La maison Gougeon.
Nous remercions Sylvain Rousseau pour sa collaboration à la préparation de ce tableau.
John Swail (photo) est un cultivateur originaire du nord de l’Angleterre. En 1858, il avait un immense domaine sur lequel se trouvent aujourd’hui le campus de l’Université de Montréal et le parc Jean-Brillant. C’est à cet endroit, avec son fils James (1837-1921), qu’il effectuera, à partir de 1876, le lotissement de ses terres pour former le noyau villageois de Côte-des-Neiges. James deviendra maire de la Ville de Notre-Dame-des-Neiges à la fin du 19e siècle. En 1906, il vendra les terres familiales à la Northmount Land Co, qui continuera le développement immobilier du secteur et y installera une glissoire à toboggan, tout juste à côté de l’ancienne demeure familiale (photos).
Photos tirées des archives de la Société d’histoire de Côte-des-Neiges, du site Ancestry (Find a grave) et de la BAnQ (1894).
Pour plus de détails, lire l'article John Swail.
Nous remercions Sylvain Rousseau pour sa collaboration à la préparation de ce tableau.
François-Xavier Cardinal est né à la Côte-des-Neiges en 1859, d’un père tanneur, avec lequel il a travaillé jusqu’à son mariage, en 1883. Il devient par la suite jardinier-maraîcher. Il sera conseiller municipal de Notre-Dame-des-Neiges Ouest, de 1897 à 1906, puis en deviendra le maire, de 1907 à 1910. En 1917, il se porta acquéreur d’une terre sur le chemin de la Côte-des-Neiges, qu’il partage avec ses fils Alphonse et Edouard. Ils y cultivèrent le melon de Montréal. François-Xavier mourut sur sa terre, en 1919. Ses deux fils poursuivirent la culture du melon de Montréal jusque dans les années 1930-1940, alors que la culture laissait progressivement la place à l’urbanisation.
Photos tirées des archives de la famille Cardinal.
Pour plus de détails, lire l'article Alphonse Cardinal.
Nous remercions Pierre Cardinal pour sa collaboration à la préparation de ce tableau.
Omer Boileau et Joséphine Cloutier sont les grands-parents de Germain Lefebvre, vice-président de la Société d’histoire. Omer, fils de tanneur, est né à Côte-des-Neiges tout comme son épouse Joséphine, fille de cultivateur. Le couple, que l’on voit devant leur jardin, demeurait sur l’avenue Swail. Après avoir travaillé dans les dernières tanneries de la Côte-des-Neiges, Omer devint jardinier, puis contre-maître à la voirie municipale. Dans sa jeunesse, Germain a créé une oeuvre montrant cette demeure, à droite, cachée derrière de hauts peupliers. Au fond, on y voit l’allée menant à la villa Mont-Royal, ayant appartenu à la famille Swail, dont l’entrée était bordée par deux immenses lions en pierre, sculptés par Joseph Brunet.
Photos tirées des archives de la famille d’Armand Lefebvre et de Laurette Boileau. Aquarelle de Germain Lefebvre.
Pour plus de détails, lire l'article Omer Boileau.
Nous remercions Germain Lefebvre pour sa collaboration à la préparation de ce tableau.
Joseph Brunet, sculpteur et entrepreneur, avait un atelier de monuments près du cimetière. Grâce à sa carrière de granit des Laurentides, il était en mesure de fournir une matière première de qualité, qui servira notamment à la construction des plus beaux monuments du cimetière Notre-Dame-des-Neiges, dont celui de l’ancien maire Préfontaine. Il excellait dans l’art de sculpter le granit, donnant à ce matériel dur et résistant des formes et des traits raffinés. Sur le monument de la famille O’Neill, il réussit même à sculpter une larme de granit sur le visage de Saint-François d'Assise pour le représenter en pleurs. Joseph Brunet sera maire de la Ville Notre-Dame-des-Neiges, entre 1900 et 1906.
Photos : Sylvain Rousseau, Google Street View et BAnQ (1894).
Pour plus de détails, lire l'article Le cimetière Notre-Dame-des-Neiges.
Nous remercions Sylvain Rousseau pour sa collaboration à la préparation de ce tableau.
Ovide Saint-Maurice, forgeron, et son épouse, Rosina Dénommée, quittèrent Sainte-Cunégonde pour s’installer dans la Côte-des-Neiges en 1889. Leur forge était située sur le chemin de la Côte-des-Neiges, un peu au nord de l’avenue Maplewood (aujourd'hui Édouard-Montpetit), juste à côté de la première école paroissiale des garçons. En plus d’être maréchal-ferrant, Ovide fournissait des pièces de fer forgé à Joseph Pagé, son voisin voiturier. Il transmit son savoir-faire à son fils Rodrigue, qui prendra la relève. Celui-ci forgera notamment le premier dais de l’oratoire Saint-Joseph. Rodrigue Saint-Maurice sera le dernier forgeron de la Côte-des-Neiges et cessera d’alimenter le feu de sa forge dans les années 1950.
Photos tirées des archives de la famille d’Ubald Ménard, des archives de la famille de Maurice Lefebvre et de la BAnQ (forgeron en action).
Pour plus de détails, lire l'article La forge Saint-Maurice.
Nous remercions Murielle Lefebvre, Céline Ménard et Sylvain Rousseau pour leur collaboration à la préparation de ce tableau.
Tobia, tailleur de métier, était à la fois un artiste et un artisan. Les premières photos, que nous avons trouvées de lui au Canada, en 1906, nous le montrent en train de jouer de la mandoline. Vers 1910, Tobia ouvrit son commerce de tailleur sur la rue Albani (aujourd’hui Jean-Brillant). À la suite de son décès en 1956, c’est son fils Ezio qui reprendra la boutique du 3359, rue Albani (renommée Jean-Brillant en 1963). Il vivra à l’étage du bâtiment avec sa mère Assunta et son épouse Angelina. Il conservera cette boutique jusqu’à sa démolition en 1977.
Photos tirées des archives de la famille de Tobia Felli.
Pour plus de détails, lire l'article Tobia Felli.
Nous remercions Andréa Felli et Sylvain Rousseau.
À partir de 1922, le couple Exélus Lefebvre et Léa Lebuis vécut dans une maison de l’avenue Swail jusqu’en 1966, année de l’expropriation de leur logement pour permettre l’aménagement du parc Jean-Brillant. D’abord charretier, Exélus devint briquetier et contremaître en 1930. Il participa à la construction de l’Université de Montréal. Son épouse, Léa, était la fille de Félix Lebuis, qui fut pompier du village en 1894. Félix et ses fils participèrent à l’aménagement paysager de l’oratoire Saint-Joseph. Par la suite, ses fils, mécaniciens, ouvrirent un garage sur l’avenue Gatineau. Les familles Lefebvre et Lebuis font partie des artisans qui ont bâti et aménagé les plus grands établissements de la Côte-des-Neiges.
Photos tirées des archives de la famille d’Exélus Lefebvre et du feuillet Souvenir de l’oratoire Saint-Joseph (Federated Press, Montreal). Photo de la tour par Sylvain Rousseau.
Pour plus de détails, lire l'article Exélus Lefebvre
Nous remercions Olivette Lefebvre, Pierrette Trudel et Sylvain Rousseau.
Installé sur l’avenue Gatineau, Maurice Lefebvre était bien plus qu’un simple barbier : il était une figure incontournable du village. Il connaissait chaque habitant qui prenait place sur sa chaise, offrant bien plus qu’une coupe de cheveux. Confident attentif, il écoutait, conseillait et rassurait ses clients, créant un véritable lien avec la communauté. Tous les enfants du quartier de l'époque se souviennent de lui, de son sourire bienveillant et de ses histoires racontées entre deux coups de ciseaux. Père aimant et homme de coeur, Maurice Lefebvre laissa une empreinte indélébile dans la mémoire du village, symbole d’une époque où le barbier était aussi un pilier de la vie de quartier.
Photos tirées des archives de la famille de Maurice Lefebvre.
Pour plus de détails, lire l'article Maurice Lefebvre.
Nous remercions Murielle Lefebvre et Jonathan Buisson.
En 1932, Gaston Hamelin entra au noviciat de la Congrégation de Sainte-Croix, puis il débuta dans l’enseignement au Collège Notre-Dame, en 1936. À 23 ans, il devint professeur à l’école Notre-Dame-des-Neiges et résida avec ses confrères dans l’aile sud de l’école. Gaston Hamelin s’impliqua au niveau des activités sportives pour les jeunes. Il devint l’entraîneur de plusieurs équipes de hockey et de balle-molle de la Côte-des-Neiges parmi les meilleures de la ville de Montréal. En 1963, il devint directeur de l’école Notre-Dame-des-Neiges. Il fonda aussi la Garde d’honneur de Notre-Dame-des-Neiges, qui deviendra la fanfare les Vaillants de Montréal.
Photos tirées des archives des familles Lebuis, Godin et Boudrias.
Pour plus de détails, lire l'article Gaston Hamelin.
Nous remercions René Lebuis, Réginald Godin et Danielle Boudrias.
Micheline Rhéaume était originaire de la Côte-des-Neiges. Ses grands-parents Camille Desjardins et Délima Larose s’y étaient mariés en 1902. En 1975, lorsqu’elle est menacée de perdre son logement situé sur l’avenue Lacombe, elle entreprend, avec d’autres locataires et avec l’appui de précieux conseillers, un combat qui va mener à la création de la coopérative d’habitation Le Village de Côte-des-Neiges, la première à voir le jour à Montréal. Leur engagement et leur détermination ont permis de préserver ces bâtiments à coût abordable. Comme plusieurs autres familles de la Côte-des-Neiges, elle voulait simplement éviter de se faire déraciner de son village.
Photos tirées des archives de la Coopérative d'habitation Le Village de Côte-des-Neiges. Photo noir et blanc par Claire Beaugrand-Champagne.
Pour plus de détails, lire l'article Micheline Rhéaume.
Nous remercions Louise Trudel et Pierrette Trudel.
À son retour de la Seconde Guerre mondiale, Yvon Desautels ouvrit une épicerie au coin des rues Lacombe et Gatineau. Travailleur infatigable et dévoué à sa communauté, il transforma son commerce en un lieu incontournable du quartier. Son épicerie ne se limitait pas à offrir des produits de première nécessité : elle devint un espace de rencontre où les résidents trouvaient écoute et entraide. Toujours prêt à aider, il offrait du crédit aux familles en difficulté et embauchait de nombreux jeunes du quartier, leur donnant ainsi une première expérience de travail précieuse. Fréquenté et apprécié, son commerce traversa les décennies, marquant profondément la mémoire collective de Côte-des-Neiges. Grâce à son engagement, Yvon Desautels laissa un héritage durable, symbole du dynamisme et de la solidarité qui caractérisent le quartier.
Photos tirées des archives de la famille d'Yvon Desautels.
Pour plus de détails, lire l'article Yvon Desautels.
Nous remercions Marc Desautels et Jonathan Buisson.
Paul Delorme était vicaire de la paroisse Notre-Dame-des-Neiges entre 1971 et 1977. Pour les jeunes et leurs parents, il participa notamment à la mise en place des messes familiales et du mouvement scout de la paroisse. Ces deux activités se tenaient dans le sous-sol de l’église Notre-Dame-des-Neiges. En 1976, il participa au 75e anniversaire de la paroisse Notre-Dame-des-Neiges. En quelques années, l'abbé Delorme laissera de profondes traces dans la vie paroissiale et communautaire de la Côte-des-Neiges. Il réussira à faire en sorte que les familles s'impliquent davantage dans leur communauté.
Photos tirées des archives de la famille de Paul Delorme.
Pour plus de détails, lire l'article Paul Delorme.
Nous remercions Marie Delorme ainsi que Bernadette et Michel Buttiens.
Originaire de France, Pierre Ramet tomba amoureux de l’histoire du Québec dès son arrivée. Passionné par le passé de Côte-des-Neiges, il consacra sa vie à préserver et à faire connaître son patrimoine. Président de la Société d’histoire pendant plusieurs années, il mena des recherches approfondies, documenta l’évolution du quartier et réalisa des reproductions miniatures de mobilier québécois ancien. Il participa aussi à des fouilles archéologiques avant la destruction du faubourg Sainte-Marie, sauvant ainsi de précieuses traces du passé. Par ses écrits et ses recherches, Pierre Ramet laissa un héritage inestimable à la communauté, assurant la transmission de l’histoire de Côte-des-Neiges aux générations futures.
Photos tirées des archives de la famille de Pierre Ramet.
Pour plus de détails, lire l'article Pierre Ramet.
Nous remercions Marie-Hélène et Anne-Marie Ramet.